Poison Yvy

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Ivy St : « courting » Autoprod 2014

Au commencement, il a la basse, une basse lumineuse, enfiévrée dont les notes guident la rythmique et modulent les fréquences de guitare. Et puis vient le chant et là tout change. La perception se trouble et les repères s’effacent. Depuis quand n’avais-je pas entendu une voix dont l’écho demeure en moi, bien longtemps après avoir ôté le disque de la platine. Il ne se passe pas une journée sans que je fredonne involontairement un titre de « Courting ».

Ivy St est un trio originaire de la ville d’Hobart en Tazmanie, tout comme les Native Cats, désormais basé à Melbourne qui a déjà publié deux ep et un premier album mais c’est avec seulement leur deuxième long format que je les découvre et cette rencontre a laissé des traces. Ce groupe peut évoquer par moments Unwound, The Drones, Chokebore, Slint, Wire ou les mythiques Gordons tout en ayant sa propre personnalité, son propre souffle. La rythmique à la fois fluide et nerveuse occupe une place très importante dans la dynamique des compositions. Les titres sont assez courts et souvent construits de la même manière. Hormis la pause acoustique de « The Camera’s Pierce », on a affaire à des chansons mélancoliques jouées avec une rage sourde et incandescente. La noirceur de The Apartments et l’urgence d’un Joseph K. L’impact de ces accords de guitares simples est immédiat et lorsqu’Ivy St s’abandonne, l’émotion est immense. Le tempo s’accélère, le chant s’étrangle et l’impression d’atteindre à quelque chose d’essentiel se transforme en conviction. Et pourtant, l’instrumentation est très basique, la distorsion passant plus par la manière de jouer que par des effets techniques.

La production espacée et aérée confère au disque une atmosphère assez intemporelle. Ces éruptions adolescentes ne sont pas sans rappeler le bourgeonnement des Wolfhounds. Le chant de Thomas Hyland tout comme celui de Gareth Liddiard des Drones se balance sur la corde raide et contribue au charme absolu de l’album.

J’avais décidé ne plus jamais écrire sur de la musique en ce début d’année. Ni chroniques, ni playlists. Je n’ai pas pu m’empêcher de diffuser de nombreux extraits à la radio mais Ivy St m’a fait replonger. Ce n’est pas si souvent que l’on découvre un disque qui vous accompagnera jusqu’au dernier souffle. « Courting » sorti en autoproduction sera un disque « Culte » des temps à venir, réédité dans 20, 30 ans en version deluxe mais vous pouvez aussi le commander maintenant ici-bas.

DL

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