Playlist://05/06/2014

Psalm Beach , Gone Bald, Borrokan, Helmut, Cowards, Kurws, Lower, Joeyfat, Oozing Wound, New Turks, The Austerity Program, Teva Cheema & The TVs , Godflesh, A Dead Forest Index, Hateful Abandon, Turn To Crime, Biscuit Mouth, Ciggie Witch

Psalm Beach LP

01 : Psalm Beach : stagefright « Nowhere In Particular» Autoprod 2014

De ce côté-ci de l’atlantique, le premier maxi de ce jeune groupe australien a été très bien accueilli et je n’étais pas le seul à attendre fébrilement la sortie de leur premier album. Psalm Beach allait-il arriver à me séduire une nouvelle fois ? Une attente douleur. Les premières écoutes en format numérique ont rendu un verdict implacable : la production est assez moyenne et le son général est un peu étouffé. Le son du maxi était plus aéré. Le groupe a peut-être rencontré un problème de mastering car il faut vraiment mettre le disque assez fort pour en profiter pleinement.

Une fois ce constat établi, impossible néanmoins de ne pas succomber au charme vénéneux de leurs nouvelles compositions. L’axe « Slint-Joy Division-Lowercase » est toujours présent mais d’autres influences plus shoegaze (My Bloody, Loop) font leur apparition. La mélancolie à fleur de peau est désormais plus onirique. La qualité des lignes de basse est une nouvelle fois renversante tout comme les parties de guitare. Certains arpèges cristallins ne sont pas sans évoquer les arabesques sonores des Kill The Thrill. « Nowhere In Particular » révèle une noise poudreuse traversée d’éclairs électriques. Lorsque le chant s’étrangle, à bout de souffle, le frisson est total et l’émotion immense. Psalm Beach ne triche pas, vivant par et pour sa musique.

Certes le disque n’est peut-être pas le chef d’œuvre espéré (quoique…) mais il n’en reste pas moins bouleversant, la faiblesse de la production lui conférant même une intimité sonore qui le rend très très attachant.

Gone Bald

02 : Gone Bald : something happened with time « Drama Rock» Autoprod 2014

Il y a près de vingt ans, dans ce qu’on appelait alors « L’Europe de l’Est », des formations comme Glu, Lvmen et Gone Bald délivraient leur vision d’un noise rock inspiré par les scènes d’Amphetamine Reptile et de Touch & Go….Nous sommes en 2014 et Gone Bald est toujours là !!. Ce groupe originaire de Croatie (désormais basé aux Pays Bas) continue à l’instar des Ten Volt Shock à jouer la même musique qu’à leurs débuts ou presque. Certes il nous surprendra sans doute jamais mais il ne nous a jamais déçus. Les premiers titres de ce nouvel opus en sont la preuve flagrante. Splendides compositions dans la droite lignée d’Hammerhead, période « Into The Vortex ». Gone Bald y réussit à instaurer des moments de latence pour exploser l’instant d’après. Le groupe réduit à l’état de duo évolue dans une certaine indifférence malgré la qualité de ses enregistrements mais il n’en a cure, poursuivant son oeuvre envers et contre tous. Espérons que leur chemin croise un jour votre propre route.

Borrokan

03 : Borrokan : orain « Zuak » Farmway Records 2014

Excellente surprise avec le troisième album de cette formation basque qui a commencé à répéter en…….1994. Vingt années d’existence et seulement trois albums, Borrokan aime prendre son temps. Habitué à partager la scène avec Anari et Lisabö, le groupe a réussit à trouver son identité sonore en ne s’attaquant pas au noise rock de manière frontale. Borrokan travaille de biais. June Of 44, Enablers ou Tar semblent avoir servi de point de repère dans la genèse du disque. La foudre électrique sait se faire attendre et les parties de guitare patientent avant l’orage. Le chant en basque est un autre point fort du groupe, tour à tour scandé, psalmodié ou hurlé, il transfigure leurs différentes approches harmoniques. Superbe et sans aucun doute leur disque le plus réussi à ce jour.

Helmut

04 : Helmut : blue « Répète du Premier Sextant 2014 Est » Los Emes Del Oso 2014

Je n’ai pas beaucoup d’infos sur ce nouveau trio hexagonal. Alan Vega, Père Ubu et La Grande Triple Alliance Internationale de L’Est rodent dans le local de répète. Les titres sont simples, répétitifs et entêtants. Le chant est très bon, irradiant des motifs de guitare inspirés par le blues, la no wave et le post punk. Ces six titres s’immiscent sournoisement dans mon morne quotidien. Très prometteur. A écouter ici

Cowards

05 : Cowards : Let’s Talk About Our Feelings « World Champions In Male Chastity » Autoprod 2014

Somptueuse déflagration en matière de swamp rock avec le premier album de cette formation canadienne. Il est assez évident d’établir une comparaison avec leurs compatriotes de Sex Church. Ce premier opus ne réinvente pas le genre mais Cowards a suffisamment de talent pour le revisiter à sa manière. Clockcleaner, Birthday Party, Lovelife, Bellmer Dolls sont tapis dans l’ombre, regardant avec bienveillance ces compositions incendiaires. Le disque est fiévreux, le groupe étant capable à tout moment de virer dans le rouge. La production, un brin caverneuse sied à merveille à ces histoires sordides et indociles. Le chant est habité et la qualité d’écriture vraiment impressionnante pour un premier essai. Lorsque l’Acadie rêve d’Australie, elle enfante des formations rageuses et passionnantes, Cowards signant avec cet album l’un des disques les plus fascinants du moment

Kurws

06 : Kurws : Léo Taxil «All That Is Solid Melt s Into Air» Autoprod 2014

Troisième album pour cette formation polonaise que l’on avait découvert avec son enregistrement précédent. L’univers de Weasel Walter et plus généralement, l’environnement Skin Graft leur sont toujours aussi familiers. Une section de cuivres azimutée accompagne les stridences de la guitare et les différentes cavalcades rythmiques. Ce disque aurait toute sa place sur l’excellent catalogue « Gaffer Records ». La grande force de Kurws est de dévoiler une musique singulière, certes inspirée par d’illustres aînés mais qui réussit à proposer quelque chose de différent. Kurws ne sonne pas comme-ci ou comme-ça, il sonne tout simplement. Certains titres sont très impressionnants et donnent toute sa signification au mot « free ».

Lower

07 : Lower : bastards tactics « Seek Warmer Crimes » Matador 2014

Je le sentais venir avec la diffusion de nouveaux titres. Après avoir publié deux excellents singles qui se baladaient entre post punk et swamp rock, le groupe danois a décidé, pour leur premier album, d’abandonner sa sensibilité swamp au profit d’un post punk des plus basiques. Leur signature sur Matador les aurait-il forcé à renoncer à tout ce qui faisait leur originalité. La question mérite d’être posée car Lower est désormais devenu un simple ersatz d’Ice Age. Dommage.

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08 : Joeyfat: lot of 17 pile of coats (assorted) « Suit Of Lights » Unlabel 2014

Onze ans près leur dernier enregistrement, revoici sorti de nulle part ce groupe londonien au profil si atypique. On les avait plus ou moins découvert du temps de myspace, autant dire une éternité. Pour pallier ces nombreuses années d’absence, Joeyfat a décidé de publier un double album, ni plus ni moins. Et ce disque est véritable réussite, autant le dire dès maintenant. Joeyfat a toujours eu ce petit quelque chose de singulier qui fait toute la différence avec d’autres formations. Autant inspiré par la scène post punk que noise rock, le groupe évoque parfois The Fall, Chumbawamba (des débuts), Badgewearer ou The Ex. Sur ce disque, certaines lignes de guitare ne sont pas éloignées de l’univers d’Enablers. Les nouvelles compositions sont exquises, à la fois tendrement désabusées mais oh combien frondeuses. Joeyfat a la classe de ceux qui n’ont que faire des attentes d’un public éventuel, d’où d’ailleurs la vacuité de cette chronique. Les titres sont terriblement entêtants, tour à tour hypnotiques ou plus directs. Le chant tout en scansion insuffle à cet univers baroque la morgue nécessaire pour rendre Joeyfat tout à fait indispensable. Vous ne me croyez pas, lisez-donc également ceci.

oozing-wound-2

09 : Oozing Wound : aging punk « Split Lp w Black Pus » Thrill Jockey 2014

Après avoir délivré un des albums les plus jubilatoires de l’année écoulée, le groupe américain nous revient avec de nouveaux titres en cie du très dispensable Black Pus (projet solo du batteur de Lighnting Bolt). Ces récents morceaux indiquent une certain évolution sonore. Le groupe a délaissé sa vision du trash pour se tourner vers un noise rock plus « conventionnel ». Si l’on peut regretter l’absence de gimmicks Heavy Métal, leur approche du noise à la Skin Graft est néanmoins très réussie.

New Turks K7

10 : New Turks : fell « st » Autoprod 2014

Revoici le redoutable duo basse-batterie de Richmond avec une nouvelle K7. Même si rien n’a fondamentalement évolué depuis le précédent enregistrement, New Turks a progressé dans la composition de ces nouvelles chansons. Les références aux Cherubs, Big’n, Karp et Godheadsilo sont toujours présentes mais totalement digérées désormais. Les lignes de basse sont assez irrésistibles et la rythmique trépigne de plus belle. Malgré le format K7, le son est plutôt bon, aride, gluant et agressif à souhait. Simple, direct et efficace, un plaisir du genre !!.

The Austerity program

11 : The Austerity Program : song 30 « Beyond Calculation » Controlled Burn Rcrds 2014

Retour fracassant et plus que gagnant avec le nouvel album du duo New Yorkais formé au début des années 2000 par Justin Foley (guitare-chant) et Thad Calabrese (basse). Suite à la fin d’Hydrahead et après avoir publié un album et quelques ep, le groupe s’est retrouvé sans label. Ils en ont profité pour peaufiner tranquillement l’écriture de nouvelles compositions et prendre le temps de monter leur propre label. The Austerity Program jouissait d’une petite renomée critique du temps des années Hydrahead mais il est toujours resté dans l’ombre médiatique de Botch, Converge ou Isis. A l’époque, je lisais souvent à leur propos : « Big Black de seconde division », « Unsane à boîte à rythmes », « Godflesh sans haine », « Sous Distorted Pony ». Si tous les groupes cités ont sans doute contribué à la genèse de leur son, nous soulignions alors qu’Austerity Program n’avait pas à rougir de ces références et que leur qualité d’écriture leur permettait de regarder droit devant, sans baisser les yeux. Cette relativement absence et leur réapparition presque surprise a renforcé cette conviction. Oui The Austerity Program est bien un groupe référence en matière de noise rock. Leur formule n’a pas évoluée : boîte à rythmes, basse plombante et guitare écorchée. Mais une nouvelle fois, la qualité de leurs compositions fait toute la différence. Le son est dantesque et ces nouveaux titres sont sans doute ce qu’ils ont de mieux écrit à ce jour. Les harmonies sont un arrache cœur et la rage incandescente de l’orchestration donne plus d’une fois l’envie de tout envoyer balader. Les réactions enflammées sur la toile suite à la mise en ligne de deux nouveaux titres semblent indiquer qu’un plus large public est prêt à les accueillir en 2014. C’est tout le mal que nous leur souhaitons. C’est presque jubilatoire de vous faire partager notre plaisir d’écoute car soyez-en certains, ce disque va compter dans les années à venir. Oui « Beyond Calculator » est un putain de classique !!! Passez le mot.

Teva Cheema

12 : Teva Cheema & The TVs : spaceflight/overnight « Split K7 w Nicoteenagers » Sunstar Records’ Big Cartel 2014

Premier enregistrement à ma connaissance pour ce groupe californien au nom énigmatique. Qu’il est bon de découvrir ce genre de formations après de longues heures passées à explorer douloureusement les différents méandres des tags de bandcamp. Teva Cheema possède un ton très personnel qui m’a interpellé dès la première écoute. Père Ubu ou Liars peuvent éventuellement servir de points de repère. Post punk, no wave et noise se télescopent avec classe le temps de ces quatre titres atypiques. Le chant un brin détaché confère à ces bribes de mélodies obsédantes un charme indéniable Gros coup de cœur !!

godflesh

13 : Godflesh : ringer « Decline & Fall » Avalanche 2014

Aux premières écoutes du premier disque publié par le duo anglais depuis 2001, j’aurais pu rédiger, le talent d’écriture en moins, cette chronique. C’est en écrivant un texte concernant Gonebald que j’ai décidé de remettre ce maxi sur la platine. En effet pourquoi puis-je apprécier le surplace certaines formations et trouver ennuyeux celui de Godflesh. Car oui, aucune surprise chez Justin Broaderick et GC Green, Godflesh refait en 2014 du Godflesh, à savoir : boîte à rythme répétitive, guitare grinçante, basse syncopée, chant rageur ou éthéré et toujours cette lourdeur latente. Dans les années 90, Godflesh a fait partie de mes groupes préférés. Alors bon, qu’est-ce qui fait que je n’arrive pas à me réjouir de leur retour ???? Qu’est ce que j’attendais d’eux ? Rien sans doute. Trop souvent déçu par les très (trop) nombreuses reformations actuelles, j’avais sans doute décidé inconsciemment, que ce maxi qui devance un tout nouvel album allait forcément me déplaire. Une fois débarrassé de cet à priori psychologique, j’ai enfin pu écouter ces quatre nouveaux titres et constater qu’en 2014, Godflesh n’avait rien perdu en fait de son acuité et de sa singularité. Les morceaux sont excellents, tout aussi percutants que ceux de « Songs Of Love & Hate ». Le son est dense et la rythmique s’immisce peu à peu sous la chair à coup de basse tellurique. Le volcan éteint de Birmingham s’est réveillé pour célébrer un nouveau jour des cendres. Il était temps.

a dead forest index

14 : A Dead Forest Index : tide walks «  Cast Of Lines  » Pop Noire Records 2014

Deuxième maxi pour ce groupe Néo-Zelandais désormais installé à melbourne. Un son de guitare aride et désertique trouve un écho lointain dans le chant dépressif et androgyne d’Adam Sherry. Ce duo fraternel dessine un univers trouble où des sonorités proches d’Opal et de Mazzy Star rencontrent un parfum grandiloquent à la Echo & The Bunnymen. Le groupe possède la même classe que les regrettés Triffids et ce nouveau disque devrait les propulser sur le devant de la scène indie rock. Leurs harmonies désarment les sens et la perte de contrôle est totale. Renversant.

Hateful abandon

15 : Hateful Abandon : high rise « Liars Bastards » Todestrieb Records 2014

Ce disque est le troisième album pour ce duo de Bristol inspiré par la No Wave et les sonorités industrielles chères à Test Dept ou Neubauten. Les premiers disques des Swans semblent avoir beaucoup compté dans leurs constructions sonores. Des percussions répétitives développent une ambiance sourde et anxiogène, entretenue par un chant faussement détaché. La production met parfaitement en valeur la violence latente de noirceur sonore. Il était plus que temps de découvrir l’existence de ce groupe à la personnalité affirmée. Hateful Abandon ne propose pas une simple relecture de ce qui s’est fait par le passé. Non s’il s’inspire de certaines sonorités des années 80, il n’a pas peur de s’en affranchir. L’album est véritablement impressionnant par son architecture rythmique et harmonique. A découvrir de toute urgence !!

Turn To Crime

16 : Turn To Crime : Sunday’s cool « Can’t Love ep » Bopp Rcrds 2014

Premier single pour cette formation américaine originaire de Détroit. Ces deux titres dévoilent un groupe autant inspiré par le post punk que le classicisme du velvet. Le chant et ses accents soul apporte une véritable originalité. Je suis curieux d’écouter leurs prochains enregistrements pour constater s’ils vont garder ces deux influences ou se diriger plein axe vers l’une ou l’autre. Affaire à suivre.

Biscuit Mouth new Biscuit Mouth lp 2

17 : Biscuit Mouth : yaw « Doing It Right & Doing It Well » Autoprod 2014  

Un an à peine après avoir délivré un premier excellent album, voici le nouvel opus pour ce duo anglais originaire de Derby. Leur précédent enregistrement m’avait fait fort impression mais ce nouveau disque va au-delà de mes espérances. Biscuit Mouth n’invente pas un nouveau genre musical mais il dessine son propre sillon avec une classe incroyable. S’inspirant autant de Shellac que d’Us Maple mais un avec un sens du groove que n’aurait pas renié Make Up, Biscuit Mouth irradie de soul et de blues le noise rock made in Chicago. Les compositions sont limpides et sinueuses. Tout semble clair mais la vue se trouble à l’écoute de ces titres familiers au premier abord et totalement étranges au final. Le disque se dévoile à chaque écoute et le chant incroyable du batteur font de ce groupe l’une des formations les plus essentielles du moment. Biscuit Mouth a progressé dans l’écriture de ses morceaux, délivrant de nombreux classiques de demain. Terrible !!! Bonne nouvelle, ils sont en tournée française et passeront près de Rennes le mardi 24 juin. Une date à ne manque sous aucun prétexte !!! Toutes les infos ici

Ciggie withc

18 : Ciggie Witch : Taylor’s Lake « Rock And Roll Juice » Osborne Again 2014

Superbe titre pour ce jeune groupe australien qui vient juste de publier sont tout premier album. Les ombres des Feelies, des Chills et des Verlaines planent sur le disque mais la candeur de l’interprétation et la qualité même des chansons rendent rapidement obsolète ces inévitables comparaisons. Cette nonchalance australe est particulièrement agréable à écouter. Un petit trésor d’indie rock à se procurer au plus vite.

 

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