PLAYLIST://24/01/2013

The Healthy Boy & The Badass Motherfuckers, The Drones, Lil Daggers, Pissed Jeans, Anchor 3, Dead Meadow, Left For Dead, Usssy, Föllakzoid, L. Pierre, Child Bite, Strong Comes On, The Black Angels, Kataplismi[k], Cuntz, Jars, Wölfbait, Pere Ubu, Crackboy

01 : The Healthy Boy & The Badass Motherfuckers : grapes « Carne Farce Camisole » Khytibong 2013

Premier véritable album pour cette collaboration entre The Healthy Boy et les membres de Zëro. Un blues ombragé est ici traversé d’éclairs électriques sous une pluie fine de rythmiques violacées. Un violon mélancolique nous raconte les péripéties d’une narration brumeuse tandis que les thèmes mélodiques s’accrochent à votre quotidien pour mieux l’en imprégner. Le disque varie les tempo pour éviter de s’engluer dans une paresse sonore et la qualité des compositions impressionne à chaque écoute. Cette fois-ci le groupe fait bloc, il ne se contente plus d’accompagner les chansons de Benjamin Nerot, jouant à l’unisson une certaine vision de la torpeur.

02 : The Drones : how to see through fog « I See Seaweed » MGN 2013

Premier extrait, dévoilé sur une radio australienne que nous relayons avec plaisir, du nouvel opus des Drones. Sans aucun doute leur meilleur titre depuis 2006. Cette ballade douce amère voit de nouveau la formation de Melbourne nous toucher en plein cœur avec un refrain imparable, digne du grand Gun Club. Il est inutile de préciser que la qualité de ce morceau a déclenché au sein de notre rédaction  une certaine impatience quant à l’écoute définitive de leur cinquième album !!!!

03 :  Lil Daggers : jazz tom « demo » Autoprod  2013

Lester Brome : « Un nouveau morceau annonciateur d’un futur album pour ce groupe de Miami qui oscille entre post-punk et vague psychédélique. On attend dorénavant la suite avec impatience ! ».

04 : Pissed Jeans : you’re different in person  « Honeys » Sub Pop 2013

Au fond la recette des Pissed Jeans depuis leurs quatre premiers albums est assez simple, un background très rock’n roll à la Crypt Records, la rage hardcore d’un Black Flag et une très bonne culture Noise Rock avec en point de mire, Cows et Jesus Lizard. Au niveau de l’attitude, Pissed Jeans me rappelle le Mudhoney des années Sub Pop, les influences heavy en moins. Le groupe prend du plaisir à jouer une musique hargneuse et basique, parsemée de rythmiques chaloupées pour mieux nous faire onduler. Ce nouvel opus ne change pas la donne mais confirme la capacité des Pissed Jeans à composer de véritables brûlots de rock’n roll enfiévré. On pourra toujours leur reprocher la présence de certains titres plus faible mais cela fait également tout leur charme et les groupes qui en 2013 réussissent à captiver sur un album entier ne sont pas légions. Il est fort possible qu’il faudra attendre la dissolution du groupe pour l’apprécier à sa juste valeur, un peu comme Mudhoney d’ailleurs qui bénéficie actuellement d’un retour de flamme. J’aimerai tellement voir ce groupe sur scène !!!!

05 : Anchor 3 : Lincoln America « Whir »  Autoprod 2012

Premier mini album pour cette formation originaire de Washington qui oscille avec brio entre l’émocore à la Shotmaker et la fougue mélodique d’Unwound. Ce disque nous ramène un peu à la fin des années 90 mais le groupe joue avec une telle conviction que l’on oublie rapidement la nostalgie de cette période musicale. Les gimmicks de guitares sont très réussis, comme le chant d’ailleurs. Le son est encore un peu touffu mais je suis très impatient d’entendre leurs futurs enregistrements.

06 : Dead Meadow : mr chesty « Warble Womb » Xemu Recordings 2013

SebHache : « Un extrait très Led Zep du nouvel album du groupe heavy psychédélique américain. Oui ok, leurs concerts sont plus réussis que leurs disques..».

07 : Left For Dead : nice place to raise children « Devoid Of Everything » A389 2013

SebHache : « Réédition vinyle pour les enregistrements de cette formation canadienne qui sévissait dans les années 90 avec un très bon hardcore, power violence. A noter que le chanteur des Left For Dead officie désormais dans Burning Love».

08 : Usssy : tuvan internationale « Karpet Birch » Autoprod 2012

Dans les périodes où l’on croit bêtement avoir tout entendu ou presque, il y aura toujours un ou deux disques qui annihileront cette posture. Cette année, le groupe russe Usssy aura publié un live épique reflétant son amour pour les Flying Luttenbachers et autres Painkiller. Mais surtout il aura sorti presque consécutivement deux disques absolument indispensables et complémentaires. Le premier « Karpet Birch » est sorti en août mais il vient juste d’être mis en écoute sur leur page bandcamp. Le second  « Afghan House Music » dont on vous a diffusé un extrait la semaine dernière.. Ils ont décidé de reprendre à leur manière le répertoire traditionnel des musiques afghanes, iraniennes…..Le principe est simple, ils samplent des chansons et rajoutent par-dessus leurs propres parties de guitare-basse-batterie. A la base, cet artefact est souvent casse gueule mais là miracle, le groupe se réinvente totalement, évitant les pièges de la « World Music » et les digressions progressives. Ces deux albums d’Usssy sont au niveau des deux enregistrements réalisés par The EX & Tom Cora. Les yeux vers l’Est..

09 : Föllakzoid : rio « II » Sacred Bones 2013

Lester Brome : « Second album pour ces Chiliens qui pratiquent avec classe un krautrock mâtiné de Front Wave. 5 morceaux intenses joués avec le désespoir de ceux qui vont mourir demain ! ».

10 : L. Pierre : harmonic danger « The Island Come True » Melodic 2013

Quatrième volet des aventures en solo d’Aidan Moffat depuis la séparation d’Arab Strap. C’est sans doute son disque le plus réussi à ce jour et il aurait toute sa place sur le catalogue Thrill Jockey tant ses nouvelles compositions m’ont évoqué les ambiances  du label New Yorkais avec Tortoise et Mouse On Mars en ligne de mire. L’album apparait comme une bande son idoine de rêveries embrumées. Sylvain Chauveau et Labradford figurent également au générique de cette dérèglementation des sens orchestrée par un Moffat en très grande verve mélodique.

11 : Child Bite : abysmal splatter « Vision Crimes » Joyful Noise  2013

A peine six mois après la publication du mini album « Monomania », le groupe de Détroit revient sur le devant de la scène avec le même format mais la musique a évoluée. En effet, si le précédent enregistrement lorgnait sur les terres de Père Ubu et d’Us Maple, ce nouveau disque est nettement plus noise rock, allant sur les terrains de Craw, Frodus, Stnnng… Le chant de Shawn Knight se fait plus menaçant et se rapproche du timbre de Jello Biafra. La rythmique est monstrueuse découpant volontairement chaque arpège de guitare. Les compositions sont assez entêtantes et la frénésie qui se dégage de ce « Vision Crimes » est très communicative. Excellentissime !!!

12 : Strong Come Ons : grinder « st » Beast Records  2013

Lester Brome : « Premier album pour ce trio orléanais. A l’image de ce morceau, ces garçons rendent un bel hommage aux Chrome Cranks et à Grinderman, ça s’appelle du rock’n’roll ! ».

13 : The Black Angels : don’t play with guns « Indigo Meadow » Blue Horizon Records 2013

SebHache : « Premier extrait du nouvel album de la formation psyché d’Austin. C’est avec grand plaisir que je retrouve les effluves si particulières de ce groupe qui m’est cher. Musicalement, rien n’a changé et c’est pour cette raison que je les aime ».

14: Kataplismi[k] : apparence «  Démo » Autoprod 2013

Lester Brome : « Un petit cadeau de la part de ce duo rennais, un morceau encore à l’état de démo mais qui annonce la sortie d’un album acoustique durant l’année 2013. Un morceau mélancolique qui nous fait voyager loin, très loin ! Vivement la suite ».

16 : Cuntz : meth « Aloha » Homeless Records 2013

Nouvelle formation originaire de Melbourne influence par le post punk de Pil, Gang Of Four et le swamp décadent des Slug Guts. Plus d’une fois à l’écoute de ce premier album, j’ai ressentie une certaine parenté avec les Death To Pigs et les défunts A Frames. Le son est parfois un peu cheap mais il reflète un groupe en devenir dont le présent est déjà très intéressant. A Suivre.

17 : Jars : cancer « A Moveable Feast » Autoprod 2013

Pour l’instant, je suivais ce groupe russe sans pour autant diffuser leurs titres dans cette émission. Je trouvais toujours qu’il manquait un petit quelque chose à leur noise rock. Ce nouveau maxi est quant à lui remarquable. Musicalement, rien de bien révolutionnaire mais Jars ressuscite en six morceaux le meilleur de l’époque Amphetamine Reptile. Hammerhead, Helmet, Janitor Joe dessinent les contours du nouveau mini lp mais Jars a réussi cette fois à composer des véritables hymnes noise rock qui ne doivent rien à personne, à l’image de ce titre, tout simplement éblouissant.

18 : Wölfbait : gasp (grey earth) « st » Art For Blind 2013

Le même sample se répète sur toute la durée du premier album de ce groupe de Dublin qui s’échigne à le déstructurer de toutes les manières possibles. Entre Harsh Noise, Indus et Noise Rock, Wölfbait nous hurle à la gueule toute sa haine. Le nihilisme des premier Swans fait figure de table de chevet mais le groupe y injecte toute sa hargne et d’autres influences. Ce disque est exigeant mais il s’avère fascinant tant la colère exprimée est palpable. On sent les gifles pleuvoir et les poings s’abattre.

19 : Pere Ubu : Another One (Maybellene) « Lady From Shanghai » Fire 2013

Il n’en reste plus qu’un. De toutes les formations nées dans les années soixante-dix, plus aucune n’a quelque chose à proposer artistiquement parlant et c’est tout à fait normal étant donné que la créativité d’un groupe repose en moyenne sur deux album. Père Ubu est une exception, l’a toujours été et est partie pour le rester. Depuis 1975, cette formation originaire de Cleveland a développe une musique unique préfigurant le post punk en puisant ses racines dans le psychédélisme des 13th Floor Elevators et les expérimentations des Silver Apples. Leurs discographie est chaotique, alternant disques sublimes et album dispensables. De ce courant alternatif, Père Ubu puise sa créativité pour nous délivrer un de ses meilleurs opus à ce jour. Pourtant la formule n’a pas changé, le groupe revenant même ouvertement aux sonorités de ses débuts mais sa musique reste aussi singulière en 2013 qu’en 1977. Les résonances électroniques occupent une place prédominante cette fois-ci, offrant une matrice audacieuse aux trames post punk du groupe de David Thomas. La qualité des compositions est hallucinante, le groupe réussissant à signer des titres qui n’ont rien à envier à leurs tubes du passé. La classe ultime et l’un des grands disques de cette décennie.

20 : Crackboy : apes « ep » I’m A Cliché 2013

Retour en force de l’instant “Supercopter” ce soir avec le maxi de ce producteur parisien qui assène une relecture saisissante des débuts de la house music. Tube pour dance floor imparable qui hantera vos nuits souillées. Tout se recycle actuellement mais quand l’exercice de style est aussi bien réussi, on ne va pas faire la fine bouche..

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