PLAYLIST://26/01/2012

Mark Lanegan Band, True Radical Miracle, Pop 1280, Owun, Prinzhorn Dance School, Nazi Dust, Errors, Xiu Xiu, Orphx, Twenty One Crows, Dead Skeletons, Friend Collector, Loincloth, Papier Tigre, Surplus 1980, Gonjasufi, Bloodhouse, The Band in Heaven

A priori pas de podcast cette semaine, l’émission n’ a pas été enregistrée par l’ordinateur de Canal B

Sorry, No Podcast this week

01 :Mark Lanegan Band : gray goes black “Blues Funeral” 4AD 2012

Allez, on commence par un extrait du nouvel effort de Mark Lanegan qui fait la couverture du dernier numéro de Noise, avec à l’intérieur une très bonne interview de l’ancien leader des Screming Trees. Depuis ses débuts, Mark Lanegan a une constante : l’inconstance. Il n’a jamais participé à un projet abouti et ce nouvel opus ne fait pas d’exception à la règle. L’album est très inégal, oscillant entre de l’acceptable « americana » (à l’image de ce titre) et de l’horrible variété rock us. On a néanmoins toujours de l’indulgence grâce à son  timbre de voix. Plus les années passent et plus Mark Lanegan se rapproche du statut d’un Johnny Halliday, à savoir un interprète à la voix d’or dont les disques ne passeront jamais à la postérité.

02 : True Radical Miracle : 98 proclivities« Termites » Iron Lung 2012

Ah Melbourne et son vivier de groupes noise rock et swamp. Parfois ces deux courants musicaux convergent vers une seule et même source : l’excellence. True Radical Miracle est un combo formé en 2005, responsable d’un album et d’un maxi nourri aux Beast Of Bourbons, Birthday Party, références presque classique pour un groupe australien mais on y décèle également une noirceur crasse à la Swans, Pussy Galore. Le chanteur possède un timbre « charmeur » à la Frankie Stubbs, une voix d’outre tombe baignée dans une flasque d’alcool à 90. Les guitares saignent sur des rythmiques syncopées et leur univers oppressant se fait de plus en plus familier. L’album n’est pas parfait, loin de là mais il véhicule un compte sympathie qui le rend très attachant.

03 : Pop 1280 : cyclotron “The Horror” Sacred Bones 2012

L’année dernière à peu près à la même époque, nous vous vantions les qualités de l’album « Peer Amid » des Skull Defekts. Cette fois-ci, le premier tant attendu album du groupe de New York occupe la même place et sans doute la même importance dans les mois à venir. Un post punk à la Stranglers côtoie le rock noise tribal de Cop Shoot Cop, le tout porté par un chanteur au timbre et au charisme définitif. Le disque est très bien produit mais le groupe a su conservé un son sale et vicié. Dix titres étouffants et poisseux qui renvoient aux débuts fulgurants du Birthday Party. Depuis l’irruption d’Arab On Radar, on n’avait pas vu de formations aussi excitantes en matière de rock’n roll. Mais pas le rock’n roll pépère et certes sympathique des Black Keys et consorts. Non là, nous parlons bien de la filiation rock’n roll perverse, héritée des « Sonics », colportée par les Cramps et récemment mis à mal par Clockcleaner : « The Dark Side of The Fuzz, » comme dirait Nick.

04 : Owun : slow « Le fantome de Gustav » Autoprod 2012

Un retour improbable et étonnant. Owun est une formation originaire de Grenoble qui a commencé à sortir des disques dans les années 90, influencés pas le noise rock, le post rock et le rock progressif. Je n’étais pas un grand admirateur de ces disques et je crois me rappeler d’avoir sévèrement descendu un de leurs disques en particulier. Rien de bien glorieux mais comme je ne me relis jamais et que je n’apporte pas d’importance particulière à un seul disque dans la carrière d’un groupe, c’est donc sans aucune appréhension que j’ai écouté ce nouvel album. Owun s’est reformé en 2007. Un nouveau guitariste les a rejoints et on sent de manière assez incroyable tout le travail accompli durant ces 5 années. Autant le dire maintenant, « Le Fantome de Gustav » nous a littéralement bluffés. A chaque écoute, je découvre de nouvelles sonorités. La trame sonore de ce voyage initiatique vous conduira vers des terres abordées naguères par Godspeed, Sonic Youth, Tortoise, Can et Neu et pourtant, l’impression de découvrir de nouveaux horizons deviendra de plus en plus forte au fur et à mesure du cheminement musical. On sent que le groupe n’est pas resté étranger à ce qui a été publié ces dernières années : Liars, Neptune. L’un des disques les plus foisonnant et de ce fait des plus impressionnant de ce début d’année.

05 : Prinzhorn Dance School : seed crop harvest « Clay Class » DFA 2012

5 ans après leur premier album, voici le retour du duo Front Wave originaire de Brighton. Si l’opus précédent peinait à convaincre sur la longueur, il n’en est rien cette fois-ci. Les ombres de The Ex, The Fall, Wire, s’estompent au profit d’une formation certes référencée mais désormais maitre de son destin sonore. Il existe bien un ton Prinzhorn Dance School, revêche, minimal, assez proche de celui utilisé par les Native Cats. Les motifs de guitare sont précis et très intuitifs. Les deux chants se complètent à merveille. Les morceaux sont moins répétitifs qu’ils n’y paraissent au premier abord. Ce disque respire une certaine classe intemporelle, possédant même un tube potentiel en la personne de leur « I Want You », clin d’œil détourné au « Candy Skin » des regrettés Fire Engines !!!

06 : Nazi Dust : suffering “Wrechted Hour USA” Vinyl Rites 2011

SebHache : « Le groupe de Chicago a quitté Youth Attack pour sortir nouvel album. 10 titres d’hardcore punk, une seule face gravée, chouette rencontre Inhumaty et Black Flag. Tout va très vite et on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer ».

07 : Errors : pleasure palace “ep” Rock Action 2012

SebHache : « En attendant la sortie du nouvel album du groupe, voici un nouvel ep avec un titre de l’album et un inédit. Les glasvégiens laissent les guitares de coté pour uniquement des synthé et du vocoder . Un morceau dansant, très 80’s limite New Order. Post Factory ? En tout cas, chaleur sur le dancefloor ».

08 Xiu Xiu : I love abortion “Always” Polyvinyl 2012

Huitième album déjà pour Jamie Stewart et ses acolytes. Ce nouvel enregistrement voit le groupe se jouer des codes de la pop new wave des années 80 : Human League, Heaven 17, Depeche Mode. Les obsessions nombrilistes et morbides de Jamie Stewart sont toujours présentes mais elles s’incarnent désormais dans des mélodies directement accessibles. Sans aucun doute, son album le plus Synth Pop à ce jour. L’Eurovision n’est pas si loin. Il est très agréable à écouter mais je dois admettre que selon les jours, Xiu Xiu peut s’avérer vite NeuNeu. Le groupe atteint ici ses limites en matière de nostalgie analogique. Il lui faudra sans doute choisir désormais entre le mainstream  ou le retour à l’expérimentation sous peine de lasser définitivement son auditoire. On dit ça et en même temps, on adore ce genre d’albums précieux, grandiloquents, pleurnichards et un poil variété.

09 :  Orphx : 1200 µrh « Radiotherapy » Hands Production 2011

Orphx est un duo canadien qui depuis 1993 multiplie les sorties entre electro, dub, indus et techno. Meat Beat Manifesto, Scorn, Esplendor Geometrico et UR sont souvent cités comme références mais Orphx a su trouver au fil des années son propre tempo : tribal, minimal et atmosphérique. Le duo joue sur les reliefs, alternant avec talent nappes électroniques et percussions électroniques. Cet album est un de leurs meilleurs opus et renvoie toutes les dernières sorties d’Autechre à la poussière. Merci au Secret du Son D’Abba pour avoir mis en exergue cette fulgurance électronique dont la sortie nous avait échappée l’année dernière.

10 : Twenty One Crows : a night in the life “Sons of Liberty” Mulso Primary 2011

Premier véritable album pour cette formation menée par l’ancien guitariste du groupe noise rock Planquez, Jon Griffin. Le groupe s’est étoffé depuis la parution en 2007 de leur premier ep. Musicalement, leur folk hérité des premier Tyrannosaurus Rex (ceux publiés entre 1968 et 1970 que presque plus personne n’écoute de nos jours), Current 93, est toujours aussi sombre et mélancolique mais la nouvelle orchestration (un second guitariste et bassiste) les rapproche aussi des Black Heart Procession. Cet enregistrement comporte de superbes chansons, à l’instar de ce titre en clin d’œil aux Beatles. On peut juste lui reprocher comme souvent sur les disques folk, une trop grande sècheresse rythmique, les titres reposant sur le même tempo. A une exception près, « Guantamo Blues », enregistré avec l’aide de l’ancien batteur de Planquez récemment décédé. RIP

11 : Dead Skeletons : dead mantra “Dead Magik” A Records 2011

SebHache : « Il était plus que temps de diffuser le premier album du Dead Skeletons, car cela fait bien plus de trois mois qu’il squatte nos heures perdues. Ce groupe islandais est le projet de Nonni Dead (alias Jón Sæmundur). Ce morceau publié deux ans auparavant sur le net avait attiré l’attention d’Antown Newcombe qui a décidé de publier l’album sur son propre label. « Dead Magik » est constitué de deux parties distinctes, la première a été élaborée avec Henrik Björnsson des Singapore Sling. Sombre, funéraire, elle renvoie à une rencontre des Spacemen 3 et de Neu. La seconde quant à elle, composée avec l’aide  de Ryan Carlson Van Kriedt (The Asteroid #4) est plus traditionnellement psychédélique même si certaines parties peuvent évoquer Joy Division ou The Hair & Skin Trading Cie. Un véritable trip funéraire ».

12 : Friend Collector : bandwagon “demo” Autoprod 2012

Un nouveau groupe américain originaire de Baltimore qui oscille entre Godheadsilo, Glazzed Baby, Playing Enemy, à savoir une noise complètement hallucinée portée par une basse tellurique et des hurlements spongieux. A suivre !!!!

13 : Loincloth : hoof hearted “Iron Balls of steel” Southern Lord 2012

12 ans après leur première démo, ce trio américain publie enfin son premier album, dépoussiérant à sa manière le noise rock instrumental du Don Caballero ou du American Heritage des débuts. On peut évoquer aussi Dysrythmia mais les riffs de guitare sont plus influencés par la sphère noise que métal. Le disque, seize titre, est un peu trop gourmand mais il révèle une formation très à l’aise dans le sprint musical échevelé.

14 : Papier Tigre : afternoons « Recreation » African Tape/Collectif Effervescence 2012

Un second extrait du troisième album de Papier Tigre presque aussi bon que l’excellentissime « Home Truth ». La production est impressionnante, la composition affolante, le chant parfait et l’instrumentation hallucinante. Un peu comme si Fugazi passait prendre le thé chez Don Caballero en apportant un dessert réalisé par Arcwelder. Mélodie et furie sont ici partie prenante d’un train lancé à vive allure. Le groupe distille les morceaux petit à petit. Vous pouvez en écouter deux autre ici et. Cette technique de promotion a ses limites et peut provoquer une certaine désillusion à l’écoute de l’album si les plages inédites à ce jour s’avèrent un ton  en dessous de celles que l’on a  déjà pu parcourir, la déception étant à la hauteur de l’attente suscitée.

15 : Surplus 1980 : MES Shoe Contact « Relapse in Response » Dephine Knormal Music 2011

Ce groupe américain formé autour du percussionniste Moe ! Staiano, pour l’instant relativement underground ne devrait plus le rester trop longtemps. Comme vous l’a expliqué la semaine dernière Thierry, du webzine  Noise Rus, Staiano a déjà publié plusieurs disques dont un publié chez Amanita et Dephine Knormal Music et il joue également dans les Sleepytime Gorilla Museum. Surplus 1980 leur musique s’inspire de formations comme Fire Engine, Dog Faced Hermans, The EX, The Fall. Plus près de nous l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp possède quelques accointances avec cette redoutable formation. Ils n’hésitent pas à s’inspirer également de groupes indé anglais, reprenant ici les Bogshed, présents sur la mythique C86. Cet album est une véritable merveille de post punk tribal. A écouter au plus vite ……..

16 : Gonjasufi : rubberband “Muzzle” Warp 2012

Ce nouveau mini album de Gonjasufi se fait descendre un peu partout dans la presse musicale hexagonale (Magic, Tsugi..). J’avoue ne pas bien comprendre le rejet de ce disque car ses ambiances western psyché en mode hip hop continuent de nous fasciner. Gonjasufi propose une musique unique, mélangeant quelque part les sonorités Wordsound à la scène de Tucson (Calexico, Giant Sand..) et le résultat de ces explorations sonores est souvent époustouflant.

17 : Bloodhouse : please don’t meet me « ep » Autoprod  2011

Excellent nouveau single pour ce groupe d’Halifax qui manie avec habilité déflagrations fuzz et gimmicks blues. Un pur moment de rock’n roll qui devrait ravir toutes celles et ceux qui trouvent les Kills, Black Keys, Black Rebel et consorts trop aseptisés.

18 : The Band in Heaven : sleazy dreams “ep” Hozac 2012

Ce single, déjà publié l’année dernière sous forme de K7, vient de ressortir en vinyle et il faut remercier Hozac Records de remettre à l’index ce petit bijou de rock psychédélique. Plus urgent que les Wooden Shjips, plus rugueux que les Black Angels et tout aussi savoureux que n’importe quel titre d’ « Automatic » des Jesus & Mary Chain.

6 commentaires pour “PLAYLIST://26/01/2012
  1. Laetitia dit :

    « Lanegan », « Hallyday », « inconstance »: ces 3 termes dans la même chronique me font justement penser que vous ne savez pas forcément ce que vous chroniquez…

  2. gwenk dit :

    Bon lanegan et Halliday, c’est de la petite provoc, j’en conviens

    Par contre inconstance, je maintiens

  3. Haz dit :

    je suis assez d’accord avec le commentaire sur Lanegan : ce type a un potentiel monstrueux or il ne fait que des trucs mous du genoux… il en est au même niveau que Nick Cave et ses Bad Seeds question sénilité et endormissement lénifiant – or il est jamais passé par la case « The Firstborn Is Dead » ou « Your Funeral My Trial », un vrai loser quoi

  4. gwenk dit :

    c’est une évidence et toutes et celles qui se brossent sur le personnage me font doucement marrer

    déjà dans les screaming trees, on soulignait la qualité de sa voix et en dehors de deux trois très bons morceaux, le groupe était insignifiant

    20 ans plus tard, on parle toujours de sa voix et très peu de ses chansons.

  5. mkl dit :

    aïe aïe encore des bobos rock’n’roll en slim qui critiquent des musiciens qui en ont rien à foutre et qui n’ont cessé de se faire plaisir… Si c’est pas ça le r’n’r alors j’ai perdu la foi… retournez dans vos caves écouter des groupes nullissimes mais comme ils ne sont pas connus…ils sont forcément bien! rahhh

  6. NiKo dit :

    @mkl, tout le monde à le droit à la parole, mais c’est pas forcément constructif ce que tu racontes…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>