PLAYLIST://28/02/2013

Harpagès, Popstrangers, Girls Pissing On Girls Pissing, Owen Temple Quartet, Animal Lover, Spectres, Modern Blondes, N.O.R.E aka P.AP.I, Action Dead Mouse, Powerdove, Ventura, Hepa-Titus, Pueblo People, Purity Control, Cripple & Casino, Young Buck, Gramme, Big Nils, Zeus!, Spray Paint, Lower, Leg Lifters

01 : Harpagès : rond « Au Moment » Structures Records 2013

Il était plus que temps de vous diffuser des extraits du premier album sorti début janvier  de ce duo français basé à Lille. A noter que l’on retrouve les deux frères Harpagès dans un autre groupe prometteur « L’objet ». Cet opus oscille avec élégance entre un le post rock contemplatif des débuts d’Explosions In The Sky  et les travaux récents de Zëro ou d’NLF 3. Le krautrock n’est jamais loin mais la musique délivrée ici s’affranchit rapidement de ces références, certes présentes mais nullement pesantes. Commence alors un voyage onirique ou l’attente de l’orage électrique irrigue un spectre sonore en faux semblant. Le disque se dévoile un peu plus à chaque réécoute et je ne saurai trop vous recommander de découvrir cette formation encore trop méconnue à ce jour.

02 : Popstrangers : in some ways « Antipodes » Carpark Records 2013

C’est avec une certaine appréhension que j’attendais le premier album de cette formation Néo-Zélandaise tant leurs premiers maxi m’avaient enthousiasmé. Leur relecture frondeuse de groupes comme les Chills, The Fall ou autres Wolfhounds était des plus pertinentes mais j’avais un peu peur que le groupe décide de rentrer dans le rang musicalement en proposant une musique sans aucune aspérité. La première écoute a balayé toutes mes appréhensions et c’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé tout ce que j’apprécie tant chez ce combo unique. Les mélodies apparaissent de manière limpide avant de s’effacer sous des accords dissonants et des samples grisonnants pour mieux réapparaître sous de nouveaux atours. Le groupe joue et tire sur la corde, oscillant entre noisy pop classieuse et noise rock à tendance No Wave. Le résultat de cette ambiguïté est époustouflant. Des mélodies au cordeau se déchirent sous nos yeux tout en s’immisçant dans votre intimité. L’album prends toute son importance au fil des écoutes et fait déjà partie des meilleurs disques de ce début d’année !!! Et j’ai la nette impression que la richesse de ses harmonies et de sa production n’ont pas fini de hanter mes nuits électriques. Tellement plus enthousiasmant que le dernier MBV !!!

03 :  Girls Pissing On Girls Pissing : feasts of Trumpets « Eeling » Muzai records/Tenzenmen 2013

Deuxième album pour cette formation Néo-Zélandaise originaire d’Auckland. J’adore toujours autant leur nom et leur sens de l’humour mais je dois bien admettre que le groupe a énormément progressé depuis son premier opus. Le quintet ne se contente plus de s’inspirer de  la No Wave des années 80 et de groupes comme Live Skull ou UT. Girls Pissing On Girls Pissing possède désormais sa propre identité sonore, cafardeuse, blafarde et poisseuse. L’ennui, le désenchantement et la langueur irradie des compositions troublantes. Une trompette perdue sonne le glas des grandes espérances pour y apporter un élément essentiel de leur torpeur harmonique.  Ce disque dépressif est très attachant et totalement fascinant. On ne cesse d’y revenir alors que l’on sait que l’écoute va s’avérer difficile, éprouvante même, nous plongeant peu à peu dans une mélancolie dont on ne revient pas indemne. Une œuvre forte dévoilant l’aspect le plus sordide d’une formation isolée au bout du monde.

04 : Owen Temple Quartet : sweet night « Rot In The Night » Casbah Records 2012

Très bonne surprise avec le premier album de cette formation basée sur Grenoble. Nous ne sommes pas très loin de la claque assénée par les premières maquettes d’Otto il y a bientôt trois ans désormais avec un côté plus rock’n roll néanmoins. Le swamp rock de ce quatuor puise ses influences dans les premiers Bad Seeds et le Gun Club, alternant ballades fiévreuses et envolées électriques. Les compositions sont suffisamment variées pour éviter l’ennui et il y a cette voix très prenante qui irradie ces rêves australs. La production met parfaitement en valeur les différentes facettes du groupe et il me tarde déjà de voir ce combo enflammer une scène rennaise dans les mois à venir.

05 : Animal Lover : Mexican candy « Fundango » Kid Sister 2012

Après un très bon premier single publié en 2011, ce trio de Chicago donne enfin des ses nouvelles avec un nouveau maxi 5 titres. Edité à seulement 300 exemplaires, il est plus que temps de se précipiter dessus si vous aimez comme nous des groupes comme Rapeman, Table, Cherubs ou Slug, soit une noise rock abrasive, saccadée, distordue et glaçante !!! La production sournoise et la qualité des riffs nous fait bien vite oublier toutes ces références pour se plonger tête baissée dans une danse sanguinolente et grotesque. 5 morceaux sur la braise  totalement renversants. Enorme !!!!

06 : Spectres : amnesia « Nothing To Nowhere » Sabotage Records  2013

SebHache : « Deuxième album pour Spectres, groupe canadien originaire de Vancouver. Post Punk, lorgnant vers le punk plutôt que vers l’indie rock comme Editors ou Interpol. Ici c’est Joy Division ou Crisis l’influence et ça sonne comme en 80 sous la grisaille anglaise. C’est tendu, froid et salement méchant ….. Pour les fans de Cat Party, Estranged, Night Sins, soit tous ces punks qui (re)découvrent Factory… C’est sur Sabotage Records comme Cat Party ou Estranged … Etrange non ? ».

07 : Modern Blondes : Jessica « Home Truth » Autoprod 2013

SebHache : « Manchester , England, ville de George Best, Factory Records, Gunchester et maintenant des morveux de Modern Blonde . Ils sont jeunes et mélangent comme il se doit Cabaret Voltaire, Joy Division et Kraftwerk et ça sonne comme ….. Orchestral Manoeuvre In The Dark, version premier EP. Soit new wave ultra poussive, des fois pénible, avec synthé et guitare au compte goute ….mais c’est une maquette ….en tout cas ce morceau aurait fait fureur en boite au début des 80’s. Comme ils sont jeunes, ils mettent leur album sur bandcamp en téléchargement libre ».

08 : N.O.R.E. aka P.AP.I : fowl niggas « Student of The Game » SMC 2013

Lester Brome : « Au milieu des années 90 apparait un duo hip hop venant tout droit des Amériques, Capone N Noreaga. Aujourd’hui c’est donc un de ses deux bandits qui nous offre un premier titre de son futur album, N.O.R.E. Un morceau qui parle d’un sujet important, à savoir : Qui couche avec ma meuf quand je suis en prison ? Méditation transcendantale, rythmique incroyable, ce morceau est une bombe ! ».

09 : Action Dead Mouse : la piaga dell’umidita « Perche Questa Casa Ci Esplode negli Occhi » Autoprod 2013

Après avoir publié en décembre dernier un excellent album sur la label Greed Recordings qui voyait le groupe italien s’éloigner des sentiers émo math rock de leurs précédents enregistrements pour se rapprocher de formations comme Long Fin Killie, Moonshake, les voici qui sortent un nouveau maxi et en italien dans le texte cette fois-ci. Ce disque est très différent de l’album car Action Dead Mouse a décidé cette fois-ci de revisiter à sa manière une certaine forme d’émocore des années 90. En effet difficile de ne pas songer à des formations comme Bob Tilton, Reiziger, The Lapse à l’écoute de ces quatre titres écorchés vifs. Un chant rageur se joue d’arpèges assez pop, le tout porté par une rythmique trépidante qui sait ralentir le tempo pour mettre en valeur la mélancolie des mélodies. Ce genre musical ne me parle plus trop mais le groupe grâce à un talent indéniable réussit à me faire passer un très agréable moment même je préfère néanmoins leur récente inclinaison indie.

10 : Powerdove : under awnings « Do You Burn » Africantape/Murailles Music 2013

Ancienne musicienne au sein des Curtains, Annie Lewandoski a démarré sa carrière solo en 2007 décidant de jouer une musique improvisée influencée par les arbres et la nature. Sur ce nouvel album, elle s’est entourée de  Thomas Bonvallet (L’ocelle Mare, Cheval de Frise) et de John Dieterich (Colossamite, Deerhoof). Le résultat de cette collaboration est très réussi, oscillant entre un folk pastoral et une improvisation minimale. La nature est omniprésente et même si ce projet semble bien hippie au premier abord, les ombres de PJ Harvey, Young People, Nick Drake et Bert Jansch accompagnent sereinement ces comptines rurales entêtantes.

11 : Ventura : little wolf  « Ultima Necat » Africantape/ Vitesse Records 2013

Beaucoup d’informations contradictoires ont circulé autour de la sortie du troisième et très attendu album du groupe suisse. J’ai presque tout entendu, du chef d’œuvre incontestable en passant par un disque moyen pour arriver même à un naufrage musical. Après plusieurs écoutes et même si les premiers passages peuvent décontenancer,  le constat est évident, Ventura vient de publier un très bon album. Oui, le groupe a évolué musicalement, les influences Amphetamine Reptile (Hammerhead, Janitor Joe.) s’effacent peu à peu au profit de sonorités shoegazing et noisy pop parfaitement assimilées et pertinentes. Des noms comme Venus Beads, Swerdiver ou même Cloud Nothings me viennent à l’esprit à l’écoute de ces plages saturées de mélancolie. La longueur et les rythmes des chansons évoluent tout au long du disque, permettant à Ventura de jouer sur les reliefs de sa nouvelle sensibilité. Les Guitares saturées sont toujours  présentes et les éclairs dissonants continuent d’enflammer les harmonies du trio. Souvent le troisième album apparait comme un disque de maturité mais Ventura a choisi avec cet « Ultima necat » de jouer sur l’adolescence, la candeur, puisant dans toute la somme de ses influences une fragilité touchante et désarmante. Et je crois bien que ces  nouvelles chansons sont en train de prendre une place non négligeable dans mon inconscient musical.

12 : Hepa-Titus : subway vampire « Follow Me » Amphetamine Reptile 2013

Premier album pour cette formation originaire de  Los Angeles et qui s’était fait remarqué en 2010 par la sortie d’un split ep avec les Halo Of Flies, le combo de Tom Hazelmyer, le boss du label mythique des années 90, Amphetamine Reptile. L’album offre une relecture plaisante de ce qu’a pu produire à une époque des formations comme les Melvins ou les Butthole Surfers. Le groupe prend du plaisir à jouer et à laisser s’exprimer son attirance pour le psychédélisme. C’est parfois pesant mais comme c’est un premier album, nous allons nous montrer indulgents cette fois-ci

13 : Pueblo People : blood moon « The First Four Moons » Autoprod 2013

Lester Brome : « Jeune groupe italien passionné de drogues, de fuzz et de psychédélisme, Pueblo People sort son tout premier maxi. Ils pourraient être les cousins des Movie Star Junkies mais avec un côté swamp qui ravira les oreilles des amateurs de Kangourou Music. Nous suivrons donc attentivement ces branleurs car ce morceau est excellent ! ».

14: Purity Control : light pollution « Adjusting » Autoprod 2013

SebHache : « Le canada (Toronto, plus précisément), l’autre pays du Hardcore Low Fi et ultra fast, on croirait même Infest par moment, tellement ça flirt avec le Grind …. Deuxième 45 tour pour les canadiens après l’exilent copine sorti sur High Anxiety. Maximum Rock n Roll ils doivent se chier dessus quand ils écoutent ça les pauvres. En tout cas c’est ultra efficace et en plus comme c’est des punks c’est sur leur page bandcamp ».

15: Cripple & Casino : brand new  « With High Regards » Radio Is Down/Moonlee record 2013

Après un chouette premier album sorti en 2009 dans une indifférence quasi générale, voici le nouvel de ce groupe croate basé à Zagreb. Pas de réelle évolution depuis le précédent enregistrement mais le groupe a progressé dans l’écriture de ses compositions. Les influences, Uzeda, Jesus Lizard, Tar sont toujours présentes mais Cripple & Casino arrive à s’en sortir par une grande qualité rythmique et mélodique. Il existe une parenté musicale évidente avec le groupe lillois Berline0.33 même si la voix de la chanteuse Petra me rappelle plus celle de Marion des Dog Faced Hermans que celle de la troublante Emilie. Ce ne sera certes pas le disque de l’année mais il se dégage de cette formation un parfum touchant et désuet des plus attachants.

16 : Young Buck : i see why « Gangsta And Street » Cashville Records 2013

Lester Brome  : « Tout droit venu de Memphis, Young Buck n’est pas un inconnu. Acteur, producteur et donc rappeur, il faisait parti notamment de G-Unit. Il a aussi monté son propre label, Cashville Records car personne ne voulait sortir ses albums. Après 18 mois passé en prison pour possession d’armes à feux il revient sur le devant de la scène avec ce terrible morceau. Un exemple pour la jeunesse américaine, caribéenne et bretonne (si si). »

17 : Gramme : I Feel The Moment « Fascination » Tummy Touch

Un début funky pour ensuite se rapprocher des inédits des premières heures d’ESG ou du Tom Tom Club. La ressemblance est frappante même si par la suite l’ajout de sonorités plus actuelles nous ramène au moment présent. Ce groupe anglais auteur de nombreux maxi assez influents au début des années 2000 et qui a beaucoup inspiré les débuts d’Hot Chip ou de LCD Soundsystem sort enfin son premier album. Le résultat est assez bluffant et même si le disque n’est pas totalement abouti (le groupe étant sans doute plus à l’aise avec le format maxi), force est de constater qu’il est impossible de ne pas résister à cette relecture brillante de la No Wave funky du début des années 80.

18 : Big Nils : cuba swag « ep » Autoprod 2013

Dernier ep en date pour le combo emmené par Coco Gordon Moore. Et oui c’est bien le rejeton de Kim Gordon et de Thurston Moore. Auteur déjà d’un album et d’un ep très influncé par la No Wave et le noise rock d’Arab On Radar, Big Nils a décidé de suspendre son rythme de sorties discographiques pour que ses différents membres puissent consacrer un peu de temps à leurs études avant de redonner des nouvelles l’été prochain. Espérons qu’elles seront du niveau de cet adieu temporaire…

19 : Zeus ! : decomposition « Opera » Three One G/Tannen  2013

Si le premier album du duo basse batterie italien s’amusait parfois à brouiller les pistes en mélangeant improvisation et noise rock, ce nouvel album abat son jeu noise rock punk dès la première écoute.  Et Justin Pearson ne s’y est pas trompé, chantant avec eux dès le deuxième titre. Zeus! a cette fois-ci décidé de sortir l’artillerie lourde et d’écraser les plates-bandes de Karp, Godheadsilo, Lightning Bolt. Le disque défile à folle allure et s’il lui manque quand même un peu de coffre musical pour pleinement rivaliser avec ces illustres aînés, le plaisir du char d’assaut en pleine poire est toujours aussi joussif !!!

20 : Spray Paint : yawn factory « st » SS Records 2013

Deuxième diffusion consécutive du premier album de cette formation d’Austin influencée par A Frames, Wire, Ex Models… Les titres sont courts, inventifs et leur noise rock, très marqué par le post punk fait merveille. 16 morceaux délivrés en moins d’une demi-heure et pour une fois, cette abondance de plages dissonantes ne nuit pas à la qualité du disque. Chaque réécoute apporte son lot de découvertes, révélant un goût prononcé pour le minimalisme des Cramps. Ce trio s’impose dès leur premier enregistrement comme une formation phare de la nouvelle scène noise US….A découvrir de toute urgence car le disque ne cesse de se bonifier et de se découvrir au fil des écoutes.

21 : Lower : but there has to be more « ep  »  Autoprod  2013

Et que dire de cet ep!!!!! Une seule écoute m’a suffi pour savoir que le groupe danois venait de publier l’un des tout meilleurs ep de cette année. Leur premier single avait déjà marqué les esprits avec un post punk enragé quelque part entre Joy Division et les Liars. Ces deux nouvelles compositions révèlent une formation inspirée qui s’est affranchie de ses influences pour devenir une nouvelle référence musicale. Cette face B est tout aussi envoutante que le fabuleux morceau de la semaine dernière, convoquant les ombres de The Fall et des Drones pour esquisser un tableau sonore incandescent. Un post punk mélancolique totalement envoutant avec un des plus beaux refrains de ces dernières années. Géniallissime !!!

22 : Leg Lifters : elle poUPE dans la rue «Leg Lifters Vs Blondie and the Nobody » Dog Lover Records 2013

SebHache : « Des Tchèques qui aiment les chiens…. Doglovers Records sort en 45 ce morceau de Leg Lifters (duo elecro punk fondé par par Justin Pearson et Bonk Joyers,  soit la moitié d’All Leather). Chant en Français, basse subsonique, beat putassier, et ouais on est en plein « Tonnerre de feu » quoi que un peu mouillé pour ce coup ».

 

 

Un commentaire pour “PLAYLIST://28/02/2013
  1. Jean Luc dit :

    encore des titres intéressants, et d’autres que je dirais a zapper mais l’ensemble est correct

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