PLAYLIST://31/01/2013

Dial, Synthetic ID, Shade Circles, Skimask, MIM, Schneider TM, Gramme, The KVB, Iceage, The Sinking Suns, Child Bite, Low Duo, H-Burns, Queer’d Science, Year Of Birds, Psalm Beach, Lonely Walk, Squall

01 : Dial : helium « Western Front » Ektro Records

Retour aux affaires pour Jacqui Ham, ancienne musicienne d’UT, très bon groupe No Wave des années 80. Quatrième album sorti dans un anonymat relatif, toujours autant soutenu par le webzine PEF. Musicalement Dial propose une musique dissonante, dansant sur les braises d’un indie rock  assez lofi. Le son est rêche et la production rudimentaire. Pourtant, il émane un certain charme de ce disque qui arrive à toucher en raison de tous ses défauts techniques. Dial fait preuve d’une candeur et d’une naïveté assez bouleversante à écouter. Un album que l’on a envie de chérir en l’écoutant tard le soir perdu dans de douteuses pensées.

02 : Synthetic ID : waterlogged « Apertures » Sophomore Lounge 2013

Après une poignée de singles assez aguicheurs, voici le premier mini album de cette formation originaire de San Francisco. Le groupe a choisi de s’inspirer de l’urgence des premiers Wire et de la hargne des débuts de Liars ou des EX Models. Leur post punk assez déglingué fait mouche et on ne voit pas le temps passer le temps de ces huit titres épileptiques. En plus, ce disque se bonifie à chaque réécoute. 

03 :  Shade Circles : last drop « demo »  Autoprod 2013

La découverte de la semaine nous vient de la banlieue New Yorkaise, d’Urbana plus précisément. Ce premier extrait d’un ep à sortir prochainement est très prometteur, révélant une formation qui n’est pas sans me rappeler Pitchblende ou Blunderbuss. Leur noise rock est à la fois frondeur, arty et mélodieux. A suivre en tout cas.

04 : Skimask : slap me silly « Cute Mutant » Sophomore 2012

Deuxième album à pour ce groupe américain influencé par la No Wave et le Free Rock. Le disque offre quelques moments de bravoure qui ne sont pas sans évoquer les dernières sorties des Skoal Kodiak. L’ensemble est encore un peu trop hermétique mais il se dégage néanmoins une certaine fraicheur de ce grand marché sonore.

05 : MIM : head is full of shit « As Far As I Compute » L’Amour Aux 1000 Parfums 2012

Seconde diffusion pour ce premier album intriguant et passionant. MIM est un projet solo né en Belgique et épaulé par un membre de La Pince. Entre No Wave, Hip Hop et Electro, le groupe oscille fiévreusement, dessinant son propre spectre sonore. Ce disque est très impressionnant, à l’instar du 2 Kilos & More. Les compositions fascinent et l’instrumentation est très subtile. On songe parfois à la rencontre des Bastärd et de Dalëk, le tout mixé par Fœtus. Chaque réécoute me fait découvrir de nouvelles tonalités et ambiances et je me plais à m’évanouir dans ce palimpseste sonore.

06 : Schneider TM : container « Construction Sounds » Bureau B 2012

Le nouvel album de Dirk Dresselhaus fait la part belle aux sonorités des chantiers de construction qui fleurissent dans le quartier de Berlin où il réside désormais. Six tableaux du monde urbain dans toute sa nudité. La fenêtre est ouverte, les chantiers fleurissent et le disque provoque une rêverie mécanique, orchestrée subtilement par tout le talent de Schneider TM.

07 : Gramme : too high « Fascination »  Tummy Touch 2013

Le morceau commence et l’on pense découvrir un inédit des premières heures d’ESG. La ressemblance est frappante même si par la suite l’ajout de sonorités plus actuelles nous ramène au moment présent. Ce groupe anglais auteur de nombreux maxi assez influents au début des années 2000 et qui a beaucoup inspiré les débuts d’Hot Chip ou de LCD Soundsystem sort enfin son premier album. Le résultat est assez bluffant et même si le disque n’est pas totalement abouti (le groupe étant sans doute plus à l’aise avec le format maxi), force est de constater qu’il est impossible de ne pas résister à cette relecture brillante de la No Wave funky du début des années 80.

08 : The KVB : shadows « Immaterial Visions » Minimal Waves 2013

Premier excellent extrait du nouvel album du duo Front Wave anglais qui les voit durcir le ton pour se rapprocher sur ce titre des ambiances des Jesus & Mary Chain et d’A Place To Bury Strangers. Vous pourrez vous procurer ce disque sur Rennes le mercredi 20 Février au Bar’Hic puisque The KVB y sera en concert en compagnie des Downtown Cuckoo.

09 : Ice Age : everything drift’s « You’re Nothing » Matador 2013

Nous avions bien aimé le premier opus de groupe danois qui combinait assez bien l’esprit post punk de Joy Division, Joseph K avec des sonorités plus noise. Ce long format est une vraie douche froide. Pas de son, pas de chansons. Un disque à éviter qui rend le nouvel album de Frustration très sympathique.

10 : Sinking Suns : vicious world « ep » Autoprod 2013

Après une première maquette prometteuse, cette formation originaire de la ville de Madison passe à la vitesse supérieure avec leur nouveau single. Deux titres qui vont faire trembler Hawks et Buildings tant le groupe délivre désormais un noise rock fiévreux et tendu à souhait. Un peu comme une rencontre au somment entre la rythmique de Six Horse et les gimmicks de Table. Excellent single et on attend l’album avec impatience.

11 : Child Bite : life as a parasite « Vision Crimes » Joyful Noise  2013

A peine six mois après la publication du mini album « Monomania », le groupe de Détroit revient sur le devant de la scène avec le même format mais la musique a évoluée. En effet, si le précédent enregistrement lorgnait sur les terres de Père Ubu et d’Us Maple, ce nouveau disque est nettement plus noise rock, allant sur les terrains de Craw, Frodus, Stnnng… Le chant de Shawn Knight se fait plus menaçant et se rapproche du timbre de Jello Biafra. La rythmique est monstrueuse découpant volontairement chaque arpège de guitare. Les compositions sont assez entêtantes et la frénésie qui se dégage de ce « Vision Crimes » est très communicative. Excellentissime !!!

12 : Low Duo : born into a spider « ep »  Autoprod 2013

Nouvel ep du duo de Sheffield. La formule n’a pas changé, toujours une guitare cristalline accompagnant une voix haut perchée qui n’est pas sans évoquer Morrissey ou Tom York pour son équilibre précaire. Une nouvelle fois, Low Duo fait la différence avec les autres formations pop du moment par un sens mélodique remarquable. « Less Is More », citait Brian Eno et pour l’instant le groupe arrive en effet à émouvoir avec très peu. Des arpèges mineurs accompagnent les envolées mélancoliques d’un chant toujours au bord de l’abîme. Je me répète encore une fois mais à chaque écoute de Low Duo, une seule perception me vient à l’esprit, celle d’un cri dans la nuit..

13 : H-Burns : six years « ep » Because 2012

Pour l’instant, la musique d’H-Burns m’avait laissé de marbre. Son album avec le chanteur des Saints le montrait sous un jour avantageux par rapport à Chris Bailey mais ce n’est vraiment pas difficile de faire mieux actuellement que le barde australien. Pourtant dès la première écoute de cette chanson, le plaisir a été total, me renvoyant au meilleur de Pedro The Lion et de Pavement. Une mélodie imparable, un chant prenant et une production tout en subtilité font de ce titre un véritable tube d’indie rock. Espérons maintenant que le nouvel album soit à la hauteur des promesses contenues dans ce très bel ep.

14: Queer’d Science : blood sabbatical « Wrench, Split LP w/ Year Of Birds » One C Records 2012

Excellent split album pour cette formation anglaise originaire de Manchester. Musicalement le groupe oscille entre la No Wave de Liquid Liquid, This Heat et les déflagrations noise de Doomsday Student. Ce nouvel enregistrement marque un net progrès par rapport à leur précédente sortie. Le son est  plus ample et leurs compostions plus accessibles tout en gardant ce grain de folie qui les caractérise si bien. 5 titres tout aussi jubilatoires que les débuts du catalogue Skin Graft.

15: Year Of Birds : let’s buu a bridge « ep » Autoprod 2013

Les compagnons de Queer’d Science sont quant à eux de Middlebrough et viennent juste de publier un nouveau single digital en téléchargement. Ils offrent un post punk noisy frondeur dans la droite lignée des Tall Dwarfs, Swell Maps ou autres The Fall. Le groupe a encore tendance à se disperser au niveau mélodique mais tout ce joyeux bordel est tout de même très prometteur.

16 : Psalm Beach : are we on time « ep » Autoprod 2013

Dès les premières notes, je l’ai senti, dès les premières mesures, j’ai su que ce disque allait désormais faire partie de ma vie. La musique a continué de défiler et le dialogue final entre la basse et la batterie n’ont fait que confirmer mes impression initiales, me renvoyant à ma première écoute du « Dead Souls » de Joy Division. Ce jeune groupe australien, originaire de Melbourne vient tout juste de publier son premier maxi en format cd et digital pour l’instant. On croise les doigts pour une sortie vinyle. Dès le premier titre, le bien nommé « Wild », le ton est donné : trio guitare, basse, batterie dans sa toute sa simplicité, quelques pédales de distorsion et un chant prenant, captivant. Très peu d’effets, des titres langoureux mais fiévreux, répétitifs qui peuvent évoquer Slint, Lowercase mais aussi les Gordons ou les débuts des Bailter Space, voire le Wedding Present de « Seamonsters ». Mais la grande force de Psalm Beach, c’est le jeu mélodique continuel entre la basse et la guitare. Les deux sont indissociables et me font penser aux meilleurs moments du duo Peter Hook/Barney Summer. Leurs lignes respectives se répondent en évitant l’affrontement. Ils se mettent au service des compositions qui dessinent une certain idée de la mélancolie à Melboure un lundi matin, avant une semaine d’ennui. Sur ces quatre titres, seul le troisième « Beds » est plus anecdotique mais il faut écouter un morceau comme « Are We On Time » pour se savoir encore en vie. Un thème très simple mélodiquement se décline vers le noir pour arracher les larmes au bout de six minutes d’errance. La musique de Psalm Beach est limpide, intemporelle et essentielle. Pour vous procurer ce maxi, il vous coutera 6 euros port compris.

 17 : Lonely Walk : feel nothing « VIHS » Satanic Royalty 2013

La France n’a jamais été, ne l’est toujours pas et ne deviendra jamais une terre de rock’n roll. Notre exception culturelle, c’est la variété. Comme cette image n’est pas très séduisante auprès des publics adolescents, régulièrement des artistes sont montés en épingle, estampillés « rock » et ce depuis les « Yéyé », jusqu’aux « Baby Rockers » de Rock & Folk pour arriver maintenant aux autres Mustang et Lescop alors qu’il ne s’agit que de gentille variété française habillée avec des couleurs sonores plus modernes. Cet état de fait n’a par contre jamais empêché des gens d’apprécier le rock’n roll, de monter des groupes et même parfois d’arriver à en vivre un peu. Cette absence de perspective a  permis à des formations de développer un style unique, repris par la suite par d’autres groupes anglo saxons : Docteur Mix & The Remix, Kas Prodcut, Les Thugs, Garbage Collector……Dans cette grande tradition des causes perdues d’avance médiatiquement parlant et non pas artistiquement, Lelo Batista, ancien chroniqueur de New Noise, Tsugi et rédacteur du blog « J’irai verser du nuoc mam sur tes tripes » s’est lancé dans l’aventure d’un  label avec la création de Satanic Royalty avec une première sortie vinyle pour le groupe bordelais Lonely Walk. Ces derniers, proches du collectif Iceberg, s’étaient faits repérés via la diffusion digitale de quelques titres très aguicheurs en matière de Front Wave. Oui, je sais le terme Front Wave,fait marrer tout le monde mais il me permet au moins d’aller de l’avant de ne pas parler de  post punk ou de new wave et d’échapper au prisme du post modernisme, si tendance actuellement. Et Lonely Walk fait front, assurément, confirmant sur ce premier album tout le bien que l’on pensait d’eux. Leurs influences  lorgnent du côté des années 80, de Depeche Mode à Suicide mais des formations comme Liars , Cheveu ou Scorpion Violente ne les ont pas laissés indifférents. L’album joue sur les stridences électroniques et l’évidence mélodique, à l’image du titre d’ouverture, le bien nommé « New Shit ». Certains titres s’enlacent au dancefloor tandis que d’autres accompagnent le moment de quitter les lieux. Disque nocturne par excellence, « VIHS » joue sur les reliefs et les ondes, dessinant des arabesques électriques d’un orage qui n’en finit plus d’approcher. Un très bon premier album et une vraie réussite Front Wave pour ce nouveau label qui sort également une version écourtée (8 titres) du nouveau long format de La Chatte.

18 : Squall : no life here « ep » Autoprod  2013

Premier single pour cette nouvelle formation basée à Boston. Le groupe cherche à continuer l’aventure musicale achevée par Clockcleaner, un peu moins noisy peut-être mais tout aussi swamp. Ce titre est terrible, porté par une voix caverneuse et une basse implacable qui n’est pas sans évoquer la période Barry Adamson des Bad Seeds. Vivement la suite…

 

 

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