Native Cats : Bass is More

Native Cats : « Process Praise » Ride The Snake 2011

C’est en mars 2010 que j’ai découvert la musique de ce duo formé en 2007. Orignaires de la ville d’Hobart (plus connu pour sa transat que pour sa vivacité musicale), Julien Teakle et Peter Escott venaient de publier un single sur le label White Denim. Si le premier avait déjà officié dans des formations post punk (Frustrations, Bad Luck Charms..), le second, acteur de théâtre, ne connaissait pas grand chose en musique, se contentant de poser sa voix sur les lignes de basse de Teakle et de temps en temps de toucher  un clavier ou autre instrument pour combattre l’ennui des répétitions. Je vous invite à consulter son blog ou il décrit de manière assez hilarante le processus d’écriture des paroles de leur premier album « Always On », sorti en autoproduction en 2009 et qui a bénéficié en 2010 d’une sortie vinyle sur Ride The Snake.

Depuis cette emission du 11 mars, Lester et moi n’avons eu de cesse de vanter les mérites des Native Cats. Leur musique est assez minimaliste, un chant scandé dicte sa loi à des lignes de basse répétitives sur des programmation rythmiques souvent réduites à leur plus simple expression. De temps en temps, des harmonies de clavier ou de melodica traversent de manière aléatoire cet univers sonore fort sommaire. Native Cats a en fait appliqué un traitement dub au minimalisme pop d’un Beat Happening. On songe évidemment aux Young Marble Giant mais les Native Cats proposent un spectre musical plus sombre, hanté par The Fall, Can et PIL.

Le premier album,  et le single suivant semblaient avoir fait le tour de la question et j’étais un peu inquiet à l’idée d’écouter un nouvel album, enregistré seulement un an après son prédecesseur. J’étais presque sûr dêtre déçu, préparant mon laïus habituel sur l’absence de candeur et la perte d’innocence mais les deux morceaus mis en écoute cet été par le label ont  fait voler en éclat ces appréhensions.

Julien Teakle est à l’heure actuelle très inspiré au niveau des lignes de basse et le groupe aurait eu tort de ne pas enchainer les enregistrements, perdant sans doute au passage toute sa spontanéité. Ils ont par contre invité des amis à venir partager le chant sur deux titre dont le fabuleux « Wearing The Killer ». J’espère de tout choeur fredonner ce morceau jusqu’à ma mort. « Always On » était déjà un super album mais que dire de « Process Praise »!!!! Intemporel, singulier mais familier, troublant, touchant, désarmant!!!.

Le niveau mélodique est incroyable, le chant d’Escot est entêtant à souhait, mais le groupe a surtout progressé dans la mise en valeur  de son intimité. A chaque fois que le morceau semble commencer à tourner en rond, survient un mélodica, un clavier, une guitare, ou une autre harmonie vocale pour relancer la matrice sonore. « You Need a Driver »  et « Eyes of The gang » en sont la plus parfaite expression. Un univers aride, hostile déchiré par la transgression.

Sublime, tout simplement et l’un des grands enregistrements de notre époque. A noter que la version vinyle ne comporte pas le même tracklisting que celle du CD. Cette dernière contient « Less Often » et « K Man » qui ne figurent pas sur le 33t qui lui, recèle le monstreux « The Singer is Dead To Me ».

GwenK

(qui rêve de voir un jour ce groupe jouer sur Rennes)

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