Sur Le Fuel 2012

Richard Papiercuts : A Sudden Shift, carte postale de New York

Richard Papiercuts : « A Sudden Shift » Pena Records 2012

New York est une ville qui possède un pouvoir d’évocation assez manifeste. On se plait à rêver de la période Factory-Velvet tout commeo n imagine New York en 1978, lorsque Television jammait avec la No Wave de Mars et DNA, que Richard Hell descendait voir les Ramones avant d’aller reluquer Blondie au Studio 54.

C’est plus ou moins cette dernière période qu’a décidé de faire revivre Richard Papiercuts avec son premier album. Cet ancien membre des Chinese Restaurants a décidé de nous offrir un documentaire dans lequel, Tom Verlaine, Arto Lindsay, Lou Reed, Joey Ramone, Blondie et Grace Jones dialoguent à bâtons rompus sur cette période effervescente. La vérité était sans doute plus sordide mais cet album nous offre une suite de classiques que l’on croirait composés entre 1977 et 1980. Epaulé par de nombreux musiciens dont Pascal Ludet des Pop 1280, Richard Papiercuts signe ici une incroyable série de tubes aussi imparables que disparates. Si le premier titre renvoie aux travaux d’Arto Lindsay, le second évoque plus les pistes de danse empruntées pas les Bush Tetras, ESG avant d’ouvrir ses portes aux Voivods. « River of Shit », enregistré à l’origine en 2010 par les Chinese Restaurants fait ici l’objet d’un traitement incroyable, cette version devenant un tube absolu d’une période révolue. Les Moldy Peaches (« The Tank ») et Jeff Buckley (« Working Hour ») accompagnent également les fresques adolescentes de son éducation musicale.

  »A sudden Shift » n’est pas un disque comme les autres, donnant une vision fidèle d’une trame musicale d’un autre temps, permettant aux plus anciens de recycler leurs souvenirs tout en offrant une sompteuse introduction aux plus jeunes. Au bout de plusieurs écoutes, le constat est sans appel, Richard Papiercuts, en revisitant ses classiques en a écrit un lui aussi.

DL


Sur Le Fuel 2012

Matt Elliot : The Broken Man ou les Mystères de Lisbonne

Matt Elliott : The Broken man « Ici d’Ailleurs » 2012

Matt Elliott, pour Kfuel, c’est un peu l’ami de la famille. On avait adoré les  premiers albums de son Third Eye Foundation avec une tendresse particulière pour « GHost » qui inventait la Wich House avant l’heure et « You Guys Kill Me« avec ses magnifiques chants de baleine. Nous avons eu  l’occasion de le voir plussieurs fois sur Rennes et  ses environs et à chaque fois, on s’ennuyait au plus haut point en le regardant derrière son ordinateur. Je crois même qu’une fois au Mondo Bizarro, c’était tellement soporifique qu’on avait improvisé avec les organisateurs du concert (Space Patrol) une délicate partie de football de nuit pour lutter contre l’ennuit, près du périphérique.

A un moment de sa carrière, lui même en a eu assez de son ordinateur et il a ressorti sa guitare pour composer une splendie trilogie oscillant entre ambiances post rock à la Constellation et folklore slave : « Drinking Songs », Failing Songs »et « Howling Songs ». Les titres écartés de ces trois enregistrements on été en regroupés en 2010 sur l’opus « Failed Songs ». Ces différents albums montraient un Matt Elliott,particulièrement réceptif aux disques de The Ex et Tom Cora, Leonard Cohen, Silver Mt Zion, Kletka Red. De magnifiques plages mélancoliques y étaient balayées par des orages électriques.

Son nouvel album s’est fait sévèrement allumé dans Magic et Noise(qui a oublié d’ailleurs au passage Colin Stetsondans son bilan de fin d’année) alors que ses précédents disques y étaient plutôt bien reçus. Et je crois savoir pourquoi car  j’avais également jugé l’album décevant et ronflant à la première écoute. Pour « The Broken Man », Matt Elliott, a choisi d’utiliser une guitare classique et de se tourner vers le fado (voire le flamenco), plus d’ailleurs dans les harmonies que dans la manière de jouer car l’influence prédominante c’est bel et bien le jeu de guitare de Leonard Cohen dans les années soixante dix.

Il faut du temps pour entendre et découvrir l’album, de la même manière qu’il faut du temps pour apprécier pleinenement les disques de Leonard Cohen. Et le temps ne fait plus vraiment partie des modes actuels d’écoute de la musique.

Les morceaux sont longs, souvent introduits par des guitares sybillines. Matt Elliott ne nous a pas envoyé une simple carte postale du Bélem, non il a entrepris une véritable correspondance qu’il faut appréhender au fur et à mesure de la lecture. On peut très vite survoler ces septs chapitres et passer complètement à côté de sa vision fantasmée de Lisbonne. Comme il n’a  pas voulu produire un disque folk traditionnel, il y a inséré des nappes atmosphériques issues de Third Eye Foundation pour mettre en relief ses nouveaux morceaux et même introduit un piano pur rompre la solitude des guitares. Le résultat est un voyage, une fois entamé, sans retour possible

« Oh How we fell »et « Dust Flesh and Bones »sont deux somptueuses ballades que l’on rêverait de voir réinterprétées par Thalia Zedek dont est on sans nouvelle depuis bien trop longtemps!!!!

DL


Sur Le Fuel 2012

Chronique d’un raz de marée annoncé : Django Django

Django Django : « st » Because 2012

Ah l’été 2009, on s’écoutait le premier maxi des POP 1280, l’album de The XX et Kourgane les soirs de pluie mais également le single d’une tout jeune formation d’Edimbourg : Django Django. A lépoque, on les avait comparé aux Beta Band, à Beck et bien sûr aux Beach Boys en soulignant le fort potentiel artistique de ce jeune quatuor. En décembre, on avait même eu la chance de les voir sur scène aux Transmusicales et le groupe s’en était assez bien sorti malgré un répertoire, alors en peau de chagrin.

Etant un inconditionnel des Beach Boys, il fallait bien reconnaitre la très grande proximité des harmonies vocales entre LA et les faubourgs d’Edimbourg, chers à Didier Wampas. D’habitude, comme chez Panda Bear ou Grizzly Bear, les citations de Brian Wilson m’indifférentau plus haut point mais chez Django Django, ce n’est pas tout à fait la même chose, on est plus dans le domaine de la filiation.

On aurait pu vous parler plus tôt de la sortie de cet incroyable tube indie qu’est « Waveforms » paru début septembre sur Bandcamp mais on a préféré attendre la publication de leur premier album car la norme habituelle outre manche en matière d’indie pop, réside dans la composition d’un bon morceau sur dix, rendant ainsi l’achat d’un album dispensable, pour le plus grand bonheur de notre porte monnaie.

Et au bout de trois, quatre écoutes, le constat est implacable: ce premier album éponyme est tout simplement brillant. Il faut vite profier de l’écouter pendant qu’il en est encore temps car dans deux trois mois, les morceaux phares de Django Django auront envahi notre quotiden et nous deviendront tout simplement insupportables. Il sera impossible d’échapper à cet album. Comme à l’époque de Nirvana, de Franz Ferdinand, d’Arcade Fire, la moindre réunion de famille ou de repas avec des personnes éloignés de notre landerneau musical seront plombés par la trois cent millième diffusion de « Waveforms » ou de « Default ». « Dis moi toi qui t’y connait parait-il en musique, t’as déjà entendu parler de Django Django. Je viens juste d’acheter l’album parce c’est le nouveau générique du Tour du France ( « La Beauté du Geste « de Maidi Roth aura alors vécu) ». Impossible dêtre peinard.

Et pourquoi??? Parce  ces quatres garçons d’Edimbourg viennent de réussir un véritable tour de force : mélodies et harmonies Beach Boys imparables, le tout porté par des rythmiques à la Talking Heads et le Beat de Buddy Holly. Le groupe a peaufiné pendant quatre ans ses composition fragiles réussissant l’exploit de mettre en valeur leur ionnocence et leur candeur par une production subtile et inventive. Et surtout malgré le poids des ces références, Django Django ne donne dans l’anachronisme. Chapeau bas et je  réécouterai avec plaisir ce putain de disque dans dix, quinze ans quand j’arriverai à me souvenir avec précision de l’exaltation succitée par ses premières diffusions.

DL


Sur Le Fuel 2012

Pop 1280 : The Horror

POP 1280 : The Horror  [Sacred Bones 2012]

C’est en 2009 qu’a commencé notre histoire avec Pop 1280. Nous avions craqué sur leur premier single « Bedbugs/Time Square ». Leur post punk très The Fall à l’époque avait retenu notre attention avant d’enflammer nos playlists l’année suivant avec le mini album « The Grid » . Il faut dire qu’il comportait l’un des tous meilleurrs titres de cette nouvelle décennie, l’inusable « Step into The Grid », rencontre fortuite entre Suicide, Pussy Galore et The Fall.

L’année dernière à peu près à la même époque, nous vous vantions les qualités de l’album « Peer Amid » des Skull Defekts. Cette fois-ci, le premier tant attendu album de POP 128O , formation originaire deNew York, occupe la même place et sans doute la même importance dans les mois à venir. Un post punk à la Stranglers y côtoie le rock noise tribal de Cop Shoot Cop, le tout porté par un chanteur au timbre et au charisme définitif. Le disque est très bien produit mais le groupe a su conservé un son sale et vicié. Dix titres étouffants et poisseux qui renvoient aux débuts fulgurants du Birthday Party.

 Depuis l’irruption d’Arab On Radar et des défunts Clockcleaner, on n’avait pas vu de formations aussi excitantes en matière de rock’n roll. Mais pas le rock’n roll pépère et certes sympathique des Black Keys et consorts. Non là, nous parlons bien de la filiation rock’n roll perverse, héritée des « Sonics », colportée par les Cramps et les Bad Seeds. Le beat n’est pas là juste pour décorer,  il est l’instrument de la déviance, renvoyant ainsi aux débuts des groupes garage punk, Question Mark, Seeds : « The Dark Side of The Fuzz, » comme dirait Nick.

DL


Sur Le Fuel 2011

Lisabö : une certaine éloge de l’implosion

Lisabö  :  « Animalia Lotsatuen Putzua »  Bidehuts 2011

On vous l’a déjà susurré mais le mois de décembre est très riche cette année en sorties intéressantes. Dire que ce nouvel album de Lisabö était très attendu est un doux euphémisme. Depuis 2005 et  la sortie de « izkiriaturik aurkitu ditudan gurak », le groupe basque occupe une place à part dans  ce webzine.

On avait été alors bouleversé  par une musique qui oscillait entre des guitares dissonantes à la Sonic Youth-Deity Guns et des parties vocales assez proches de Fugazi ou Shotmaker.

Le disque suivant « Ezlekuak » était éblouissant, lorgnant sur les plates bandes des défunts Distorted Pony et continue de hanter les sillons effarés  de nos platines.

Ce cinquième album nous a littéralement chavirés. On en disserte dans l’équipe depuis 5 jours. Et pourtant, pas de révolution musicale, les références sont les mêmes mais le propos est plus sombre comme si durant ces cinq dernières années, Lisabö avait perdu une certaine forme de candeur. Le spectre musical est plus dense, le chant  plus désespéré, et les mélodies moins lumineuses.

On a affaire à une véritable œuvre au noir, sans concession. On peut s’y perdre ou refuser le voyage dès les premières mesures. Le poing se lève mais il est désormais lourd de sens. Ce n’est pas une posture car si l’on reste dans le registre musical, Lisabö réussit à donner vie à des colères contenues. Chez eux, rien n’explose, tout se fissure. La production du disque est une nouvelle fois luxuriante, donnant tout le relief nécessaire pour enluminer durant 40 minutes ces 6 figures de l’implosion.

Très souvent quand on me demande quels sont les groupes actuels importants à mes yeux, je n’en cite qu’un : Lisabö. Il y en a d’autres mais celui-ci reste encore un groupe méconnu ou inconnu. Et pourtant quand je les écoute, j’éprouve les même sensations que lorsque je découvrais au début des années 90 : Neurosis, Jesus Lizard, Unsane, Fugazi. J’écoutais aussi d’autres formations à l’époque mais ces dernières avaient ce quelque chose en plus qui me touchait plus particulièrement et qui me faisait penser : » putain la claque » !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


ps : la version vinyle doit voir le jour en février 2012

Gwenk


Sur Le Fuel 2011

Une fin d’année affolante et affriolante

Je ne sais pas si les groupes ont peur de sortir des disques en 2012 mais tout le monde se précipite pour publier son album avant la fin 2011 :

Kim Phuc vient d’ouvrir le bal des sorties du mois de décembre mais son label, Iron Lung Records s’apprête à à diffuser les nouveaux enregistrements des excellents Slices sans oublier le retour  des australiens de True Radical Miracle

Mistress Bomb H sort son premier album le 09 décembre sur les labels Bruits de Fond et L’Autre Idée

Le label Bidehuts va publier tout prochainement le nouvel album de Lisabö. Inutile de préciser qu’on a très hâte d’écouter le successeur de l’incontournable « Ezlekuak » sorti en 2007. L’extrait disponible sur le site donne vraiment envie d’en savoir plus. D’ailleurs au sujet de Lisabö, si quelqu’un les connait assez bien pour les convaincre de revenir jouer en france, nous sommes preneurs car malgré de très nombreuses tentatives , on n’a jamais réussi à les faire venir jusqu’à Rennes

Le combo de New York , Pop 1280, auteur l’année dernière avec « Step Into The Grid » d’un des meilleurs morceaux de cette décennie, va sortir son premier véritable album « The Horror » Sur Sacred Bones et s’il est du niveau de l’extrait disponible ici, il risque fort de devenir incontournable en cette fin d’année 2011.

Il ne faut pas non plus oublier les récentes sorties des Welldone Dumboyz et des Doomsday Student (ex Arab on Radar).

Pour couronner le tout, les hollandais de Boutros Bubba viennent juste de publier leur meilleur album à ce jour et les américains d’ Accordion Crimes se rappellent à notre bon souvenir après un premier chouette split single..

Et je ne vous parle même pas du dernier 5 Dollar Priest qui est enfin arrivé jusqu’à nous. A noter que leur label, Bang Records s’apprête à sortir début janvier un nouvel album des mythiques Chrome Cranks!!!!!!!

GwenK


Sur Le Fuel 2011

Kim Phuc : YESSSSSSSSSS

un super cadeau d’avent :

http://ironlungpv.bandcamp.com/album/kim-phuc-copsucker-lp

arghhhh quelle matinée